17:06 au cauchemar des ménagères, lettre à Elise
Trajet amenuisant. De l'intense circulation sur l'axe Tel-Aviv Jerusalem, par bifurcations successives, on arrive à un pauvre embranchement avec à droite un panneau indiquant un truc du genre "dernières colonies avant Gaza", et à gauche le parking d'Eretz.
Il y a quelques temps, passaient à Eretz 80 000 personnes par jour, essentiellement des palestiniens qui allaient travailler en Israel. Maintenant, c'est désert. Au contrôle des passeports, deux gamines, avec un bouquin - en russe- qui lèvent à peine le nez pour tamponner les papiers. Des étendues immenses de béton vide, un dernier poste de garde où on a l'impression de déranger le factionnaire. En face, chez les palestiniens, le garde est tout sourire. Il connaît visiblement Jean-Baptiste. La route qui mène à la ville même (Gaza ville est plus grande que Tel-Aviv, 800 000 habitants) est bordée de bâtiments à divers stades de construction. Mais personne n'y travaille. Dans la ville, la circulation est assez anarchique. Les ânes ignorent visiblement le code de la route, les chevaux aussi.
Les locaux que Jean-Baptiste loue à Gaza sont étonnants. De tout l'immeuble, seul un demi étage est habitable. Le reste, c'est un étalement incroyable de tessons de poterie du chantier de fouille. C'est ombragé, agréablement frais... et on a vue sur la mer !!
Au loin, deux minéraliers. Ils ne vont pas à Gaza, c'est interdit. Ils vont chez les Israéliens, à côté. Le long de la côte, une vedette israélienne patrouille. Au dessus de nos têtes, les F16 airways font navette. Sur le chemin pour venir, j'ai aussi vu deux paires d'hélicoptères de combat, des Apache.
L'atmosphère a l'air nettement plus détendue qu'à Jérusalem. Dans le rue où notre fourgon est garé, une ribambelle de gamines en tablier d'écolières, avec des noeuds blancs dans les cheveux. Partout, dehors comme dedans, du sable, de la poussière. Fine, impalpable, mais elle est partout.
Au loin un camion circule, sur le toit un haut parleur diffuse une version bip-bip de la lettre à Elise. C'est le camion d'eau filtrée.
Bienvenue à Gaza.
(19:00)
je viens d'apprendre les attentats aux États-unis. Ici, pas de réactions ouvertes. Je suis en plein centre ville de Gaza. Les rues sont, d'après un habitué, presque vides. Mais pas de manifestations de joie, et les gens qui sont dehors n'ont pas l'air inquiets.
Mais bon, j'aurai peut-être le plaisir de voir des F18 américains ces jours-ci...
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