08:30 arrières-pensées...
"Les attentats de ces dernières heures ne sont pas liés aux opérations des FDI dans les camps de réfugiés. Ceux qui prétendent le contraire ont des arrières pensées politiques."
Ça ne s'invente pas.
C'est Sharon qui l'a dit. Qui d'autre, notez bien, pourrait dire sans ciller un truc pareil ?
Autre chose vue, dans la presse israélienne : la deuxième chaîne de télévision, samedi soir, retransmettait un match de foot. Arrive l'attentat suicide. Que croyez vous que la direction de la chaîne décida ? Eh bien elle décida de scinder l'écran en deux, avec une moitié d'écran pour le match de foot, et une moitié pour la retransmission en direct sur le lieu de l'attentat, avec les gros plans de rigueur sur la petite chaussure d'enfant.
Ceci appelle deux remarques. La première, c'est que, ici comme ailleurs, la vie humaine ne vaut pas cher et les médias sont des vautours. Mais ce n'est pas un scoop. La seconde, c'est que, même si je suis pétrifié d'horreur à la pensée de cet attentat, qui n'aurait jamais du avoir lieu, je ne peux pas m'empêcher de penser qu'on pourrait, sans se donner trop de mal, trouver des images de chaussures d'enfants palestiniens. Mais celles-là, on ne nous les montre pas.
Notons au passage que la direction de la deuxième chaîne de télévision a décidé d'arrêter la diffusion en simultané du match quand le compte des morts est arrivé à 5. 5 a l'air d'être la limite inférieure de l'indécence statistique télévisuelle.
Mentionnons également l'indignation de l'opinion israélienne au fait qu'un tireur isolé, armé d'un fusil datant de la seconde guerre mondiale, a pu abattre sept soldats, trois colons, et blesser cinq autres personnes avant de repartir sans encombre, laissant sur le terrain son fusil qui était visiblement tombé en panne. La réputation des FDI en prend un coup en ce moment. Et quand on lit les témoignages sur leur comportement dans les camps, avec destruction organisée des maisons, on peut facilement faire un rapprochement. Avec ou sans arrière pensée politique, naturellement.
"Ceux qui prétendent le contraire ont des arrières pensées politiques."
Eh bien oui. Ce qui prouve deux choses : des arrières pensées politiques, ou même tout simplement une politique, Sharon, lui, n'en a pas ; d'une part, et d'autre part, si je devais avoir une arrière pensée politique en liant ces attentats aux opérations militaires antérieures, cette arrière pensée politique serait : "PAIX EN PALESTINE". Et ça, j'imagine, Sharon, il n'en veut pas.
Ah oui. Pour ceux que ça intéresse, j'ai eu au téléphone la jeune fille de la semaine dernière, une de mes élèves de Jéricho. Elle m'a dit : "ne viens pas, c'est trop dangereux".
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