19:50 Jénine à venir...
C'est sur un mur d'une maison qui devrait être démolie bientôt. Et que quelques autres. Bien moins répandue que les "Sharon, we will not forgive, we will not forget", elle n'est pourtant pas moins intéressante, au contraire.
C'est une drôle d'arithmétique : 1948 + 1967 = 2002.
Je trouve souvent que les Palestiniens manquent d'humour, cette ironie sombre et cruelle que développent souvent les gens en grande difficulté, alors il me paraît tout à fait prématuré d'essayer à ce stade de trouver cette inscription drôle. Ce que je pourrais néanmoins faire sans grande difficulté, en d'autres circonstances.
Mais on ne rit pas dans le camp de Jénine. C'est une sorte de règle non écrite. On ne plaisante pas, on ne rit pas dans la rue.
Comme si la présence de cet obscène amoncellement de ruines ne suffisait pas, si les murs n'étaient pas recouverts d'affiches mortuaires, guerriers terribles ou mômes pâles avec des flingues trop grands pour eux...
Demain je vais voir un des combattants survivants. A ce qu'on me dit, c'est un grand guerrier. A ce que je sais, il a quatorze ans.
Il va falloir que je trouve les mots pour atteindre un môme qui, à quatorze ans, a choisi les armes plutôt que les filles ou les sodas à l'ombre des boutiques.
Et après, il va falloir, pour moi-même, que je trouve des raisons d'espérer. J'irai probablement les chercher dans les collines de Zababdeh, où, dans ce collège pas tout à fait comme les autres, garçons et filles, entre 18 et 25 ans, ont su trouver un langage différent de celui de leurs parents, vivent en communauté, sur un pied d'égalité, pour construire un autre Jénine, une autre Palestine...
Ça va basculer d'un côté ou de l'autre...
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