20:57 Vacances express !
Il nous fallait de l'air. D'abord, physiquement. La chaleur est insupportable en ce moment, il nous est très difficile de bouger.
Et puis on voulait échapper un peu à l'impression d'ecrasement du moment. Et puis, de toute façon, il fallait renouveler le visa de Lady P.
Alors hop, de bon matin, on taille la route.
Pas bien loin. Après 500 mètres, le nouveau mur. La queue pour passer, à pieds. Les soldats qui nous disent de passer devant. D'abord on refuse, mais même les Palestiniens nous poussent. Je joue l'analphabête avec mon soldat : tant qu'il me parle en Hébreu, dont il se doute bien que je ne le parle pas, puisque je lui réponds dans une autre langue, je parle Français. Quand enfin il se décide à tenter l'Anglais, alors je lui réponds. Pendant notre dialogue, un Palestinien qui m'a entendu parler Français me glisse à l'oreille : "il est stupide". Il l'est, cela dit.
A peine passés, nous voilà interpellés depuis le toit de la station service. Le soldat veut savoir ce qu'il y a dans mon sac. Agacé, je l'invite à descendre venir voir. Il pose des questions auxquelles je fais les réponses les plus inutiles possibles. Tout le monde écoute, et pas mal de Palestiniens se marrent. J'en ai assez de coopérer aux checkpoints.
Allez, ne pas se laisser distraire, le but est tout de même de partir en vacances. Direction la gare routière. Le chauffeur de taxi israélien nous arnaque. Les chauffeurs de taxis sont partout les mêmes.
En vacances, on vous dit. On prend le bus. Un type fait une scène à Lady P. parce qu'elle veut garder le rideau levé, sinon elle est malade. Il se lève et vient lui hurler sous le nez. Je suis à deux doigts de laisser sortir brutalement plusieurs semaines de frustration intense. Finalement je me mets à hurler plus fort que lui, lui intimant avec forces gestes de retourner s'asseoir de son plein gré avant que ce soit contre son gré. Il est visiblement totalement interloqué par ce flot en une langue qu'il ne comprend pas, par un type qui a une bonne tête de plus que lui. Tout le bus regarde, et deux passagers décident d'intervenir et de proposer un autre siège à Grincheux.
Vacances. Il y a urgence.
Eilat. On ne fait que passer. Taxi. On passe en face, à Aqaba, en Jordanie. Le vent est brûlant.
Immédiatement la différence nous saute au visage. Les contrôles de passeport sont faits avec le sourire. On embarque dans un taxi qui commence par s'arrêter à la première boutique venue pour nous offrir une boisson fraîche et de l'eau, avant de nous emmener vers notre destination : Petra.
Les montagnes autour de nous sont magnifiques. Le pente dure des kilomètres. Régulièrement, la jauge de température du moteur atteint la zone rouge. Il arrête la voiture, verse de l'eau froide sur la jauge, considère que le moteur a refroidi, et on repart.
Presque trois heures de route, et on arrive à Wadi Mousa, qui est le village près du site de Petra.
On prend sur recommandation une chambre dans le "Valentine Inn". Un endroit que je recommande à mon tour à toute personne passant à Petra. Propre, de bon goût, sympa, nourriture tout ce qu'il y a de correct, variée. L'autre soir, ça a fini en duo improvisé entre un des clients italiens trompetiste de jazz et un percussionniste local. Le tout pour un prix tout à fait raisonnable. Et le lendemain...
Petra. Un festival incroyable. Cet endroit fait tout pour vous mettre à genoux, et il y parvient. C'est le plus magnifique endroit que j'aie jamais vu, même si je n'en suis pas à mon premier voyage. Allez à Petra.
Journée magnifique, avec des sensations, un bonheur, une totale détente... on avait besoin de ça. Voilà pourquoi on vous a abandonnés.
Bon, voilà, on est revenus.
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