10:55 la paix, maintenant
J'ai passé d'innombrables heures à discuter avec la jeunesse (mâle) du village où je viens de passer deux jours.
Il y a trois choses qui m'ont frappé.
La première; c'est la première fois que l'impact du chômage me saute à ce point à la figure. En milieu urbain, où je me trouve habituellement, ça ne saute pas aux yeux, mais à la campagne, rentrer dans une maison et y trouver une douzaine de jeunes hommes entre 18 et 30 ans, les voir rester là une bonne partie de la journée, à boire du café et fumer, souvent en silence, a quelque chose de choquant. De tous ceux que j'ai rencontrés, trois seulement travaillaient, et tous les trois en Israël. Tous tirent des plans sur la comète pour partir étudier à l'étranger.
L'un d'eux, Amar, part dans deux jours au Caire pour étudier, c'est sa famille qui paye. Son ami Samir part lui en Ukraine. Et là, surprise, c'est une bourse de l'Autorité Palestinienne qui paye la fac et le logement, même le transport. Il semblerait que plusieurs centaine d'étudiants bénéficient de ce type de bourse chaque année, ils ont su me citer quatre cas dans le village. Il est bon et rassurant de savoir qu'au moins une petite partie du budget de l'Autorité est dépensée convenablement.
La deuxième chose, c'est le discours unanime de toute la jeunesse et même de pas mal d'adultes. Ils ne soutiennent PAS les attaques en Israël, disent que c'est une honte. Ils ne portent pas Israël dans leur coeur, comme vous l'imaginez, et ont bâti un stéréotype de l'Israélien qui ne plairait pas à mon ami Michael. Mais les faits sont là : ils sont tous d'accord sur les points suivants : frontières de 67, arrêt des attaques, reproche à l'AP de ne pas savoir parler aux Israéliens et au reste du monde. Aucun d'entre eux ne revendique la destruction d'Israël. Même deux jeunes gars qui ont fait de la prison et qui sont membres de Hamas. La jeunesse de Yabed veut la paix. Et... comme on a beaucoup parlé, il se pourrait que je sois amené à vous reparler de ce groupe de jeunes qui aimeraient... passer à l'action.
La troisième chose, c'est le total manque de communication entre garçons et filles. Ils ne se fréquentent pas. Ne se parlent pas. Les mariages sont arrangés, et beaucoup de ceux qui veulent faire des études à l'étranger sont aussi motivés par l'illusion qu'ailleurs il sera plus facile pour eux de rencontrer des filles...
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