Brest-Jerusalem
a la rencontre...
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 23.8.02

14:29   Bienvenue en Israël !

Je viens d'avoir un appel de Charaf.

Charaf, vous ne le connaissez peut-être pas, mais c'est quelqu'un comme vous et moi. Littéralement. Comme vous, c'est un lecteur assidu de cette chronique, et comme moi, il se trouve en ce moment en Palestine.

Enfin non.

Techniquement, il est en Israël. Parce que, avec 51 de ses petits camarades de jeu (mission civile de solidarité en Palestine), il a été bloqué à l'aéroport l'autre jour. Ils ont fait appel, et ont provisoirement été envoyés à Nazareth, avec interdiction de se rendre dans les territoires.

Motif du blocage : sécurité. La presse israélienne, elle, a transmis que 52 arabes étaient venus semer le trouble dans les territoires et provoquer des affrontements avec les FDI. Sur certaines radios, le terme "terroriste" a été utilisé pour parler d'eux.

La question n'est pas de savoir si Charaf est un arabe. Un "beur" comme on dit chez les branchés de par nos contrées. La question est que Charaf, comme les 51 autres, est un citoyen français. Et qu'arbitrairement on lui a refusé l'entrée.

Le procès en appel a eu lieu ce matin. Le juge a rigolé de la situation et a immédiatement ordonné au ministère de l'intérieur de fournir à tous ces gens un permis de séjour en bonne et due forme, le sempiternel visa de tourisme de trois mois. Le quel ministère a fait appel de la décision devant la cour suprème. L'appel sera jugé dimanche. Alors que la délégation est sensée repartir lundi.

Techniquement, on est en pleine démocratie, avec un système judiciaire qui fonctionne. De fait, la justice a fait valoir, et confirmera probablement, les droits de ces citoyens français à se déplacer où bon leur semble.

Mais dans les faits, sur le terrain, Israël a avec succès saboté la mission civile de solidarité. Pas de quoi être fier, niveau démocratie.

Les faits sont là : pour nous, naturellement, un Français est un Français. Pour la presse israélienne, un Français d'origine maghrébine est un arabe. Ca a un nom, ce genre de distingo. Ca s'appelle du racisme. En france, c'est punissable par la loi. Ici, au mieux, c'est réparable par la loi.

Un Français qui vient visiter des Arabes dans les territoires, chez nous ça s'appelle au pire un militant politique. Ici, ça s'appelle un terroriste.

Couverture de tout ça par la presse française, à propos ?



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